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2e période : Rivalité de clochers

 

2e période : 1949-1954
Rivalité de clochers

Merci monsieur le maire! J’ai bien aimé me g’ler le c** sur le bord de la bande! (Photo : Feu Jean-Marie Delaunay)

1949, jouer, c’est une job!
Le sport est toujours tributaire de la météo. Les patinoires extérieures sont cependant de mieux en mieux organisées. Même le curé en chaire prône le déblaiement rapide, après les tempêtes, afin d’assister aux combats de ces gladiateurs de la glace. Les partisans chaleureux aideront à faire un bouclier humain autour de ces vedettes de la glace.

Nous avons des témoignages, relatant l’implication de certaines compagnies, dans les équipes locales. Un bon gardien de but ou un marqueur de haut calibre peut espérer avoir facilement du travail. On ne donne point d’avantage, sauf des horaires plus souples pour les pratiques et les joutes à l’extérieur.

Joute de hockey à Portneuf. C’est sur les terrains de la compagnie Consolidated Bathurst que s’amasse les partisans. (Photo : Feu Jean-Marie Delaunay)

Les vieux journaux relatent tellement bien cet «âge d’or du hockey» dans nos villages, il serait encore une fois, bien prétentieux de vouloir s’interposer entre eux et vous. L’histoire plus récente simplifiera l’identification de ces vedettes de nos patinoires.

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Quand le club de Papinachois fait sensation en battant Portneuf. Et l’implication de la Donnacona ne fait aucun doute. On mentionne d’ailleurs une confrontation Donnacona/Donnacona la semaine suivante quand Papinachois affronte Sault-au-Mouton.

Le Soleil, 14 février 1949, ©BanQ

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La ligue inter-clochers?
C’est vers 1949 que débute, réellement, la vraie confrontation et que nait la légendaire rivalité entre les clochers de notre MRC. Pendant que certains journaux parlent de la «ligue du Canton Laval», d’autres indices nous donnent «ligue de hockey Côte-Nord». Plus tard viendra la «ligue du Saguenay».

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C’est par un match d’exhibition entre Portneuf et Forestville que s’ouvre la saison 1949-1950.

Le Soleil, 15 décembre 1949, ©BanQ

Quand la partie débute avec la bénédiction de monsieur le curé!

Le Soleil, 28 décembre 1949, ©BanQ

Et ce n’est pas seulement à Sault-au-Mouton que l’on assiste à l’implication des hommes d’église. À Ste-Anne de Portneuf, le curé Bouchard ne recule devant rien afin de porter chance à ses joueurs. Photo possiblement prise lors d’une joute opposant Forestville et Portneuf :

Mise au jeu protocolaire ou bénédiction? Bref, le curé a préséance sur les élus. On remarquera les spectateurs autour de la patinoire. (Photo : Feu Jean-Marie Delaunay)

Le secteur BEST aussi ouvre la saison de hockey en décembre. Confrontation entre Bergeronnes et Tadoussac qui se termine en faveur de… Bergeronnes?

Le Progrès du Saguenay, 12 janvier 1950, ©BanQ.

Et un qui passe quelques jours à l’hôpital de La Malbaie. On assiste à la naissance des associations sportives dans les villages. Les joueurs de Charlevoix défient même nos équipes locales. Les réputations s’en sortent indemnes avec une égalité.

Le Progrès du Saguenay, 16 février 1950, ©BanQ.

L’équipe de Bergeronnes semble éprouver des difficultés.

Le Progrès du Saguenay, 23 février 1950, ©BanQ.

À moins que Tadoussac soit «trop fort pour la game»?

Cette photo de l’équipe tadoussacienne date de la décennie précédente. (Photo : Suzette Dallaire)

Les Castors des Escoumins ont le dessus sur les Aigles de Portneuf. Et les dames jouent au hockey? Apparemment que oui.

Le Soleil, 24 février 1950, ©BanQ.

Les Aigles de Portneuf brillent dans «le haut du comté» et même dans Charlevoix. Au-delà des paris sportifs, c’est un fait connu, à Portneuf, que Lucien Tremblay (1903-1979) et le curé Médéric Bouchard, ouvraient facilement leurs portefeuilles pour le confort de leur équipe locale.

Le Progrès du Saguenay, 9 mars 1950, ©BanQ.

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Hockey, carnaval et festival
La naissance du «hockey-bottine» lors d’un carnaval à Portneuf?
Ou celle du patin de vitesse remportée par Rosaire Sirois (1932-2016)?
Et le commerçant, Lucien Tremblay, qui offre un pourceau vivant comme premier prix du saut de barils? Une petite publicité pour son abattoir?
Et Charles Roy (1925-2004) avait-il débuté sa cour à mademoiselle Delair?
Du bonbon cette description des activités.

Le Progrès du Saguenay, 9 mars 1950, ©BanQ.

Pendant ce temps, aux Escoumins, les jeunes 4-H recevait ceux de Sault-au-Mouton et enlevait la victoire. Encore une fois, les jeunes filles se lancèrent dans la compétition contre celles de Forestville. C’est une dénommée Nicole Sirois (?) qui évita le blanchissage aux Escouminoises.

Le Progrès du Saguenay, 9 mars 1950, ©BanQ.

À Bergeronnes, le «Festival sportif» s’apparente à un carnaval. Avec sa reine, Cécile Simard (René et Vitaline Lapointe) et ses deux princesses : Henriette Jean (Léon et Marie Brisson) et Élisabeth Sutherland. On en profite pour croiser le hockey avec Sault-au-Mouton qui sort victorieux du match.

Le Soleil, 24 mars 1950, ©BanQ

C’est ensuite à Sault-au-Mouton que l’on célèbre l’hiver aussi avec un «Festival sportif». Une partie de hockey, très contestée précisons-le, contre Tadoussac sera emporté par l’équipe locale.

Le Soleil, 4 avril 1950, ©BanQ

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La rivalité qui tue?
La forte rivalité entre les villages de notre MRC marquera, à jamais, la génération des hockeyeurs de la décennie 1950. Ils se feront un plaisir de transmettre cette rivalité à leurs enfants d’ailleurs.

Sauf que… L’ambition de certains clubs, encouragée par la compagnie du lieu, déséquilibrera la ligue. En janvier 1951, le curé Bouchard, de Portneuf-sur-Mer, fervent amateur de ce sport, écrit à un correspondant : «Les parties de hockey sont commencées. Mais ils n’ont pas pu se former une ligue, parce que la nôtre est trop forte pour les autres. Les Indiens de Betsiamites sont venus jouer et ont été battus. Ce soir c’est le club des Escoumains qui vient ici. Ils ont lancé des défis et j’apprends que le club de Rimouski doit jouer ici samedi soir et dimanche. Quant à celui de Baie-Comeau, il ne peut venir avant février. La patinoire se trouve sur le terrain de la cie qui a fait beaucoup pour la préparation. Car les finances du syndicat des loisirs n’auraient pas pu résister à cette entreprise, étant donné qu’il n’y a pas de parties régulière de ligue. »

Vantardise du curé que l’on sait grand amateur ou réalité? Chose certaine, le curé ne mentionnera plus jamais le hockey en chaire après janvier 1953, pourtant, avant cette date, il ne manquait pas de demander, régulièrement, des bras vaillants pour le déneigement de la patinoire en vue des parties du dimanche.

On peut lire, sur la plaque : «Trophée permanente pour Ligue hockey Côte-Nord». Il a été payé par le député Pierre Ouellet en 1950 et les «Aigles de Portneuf» l’ont remporté lors des saisons 1949-1950, 1950-1951, 1951-1952 et 1952-1953. (Photo : Feu Jean-Marie Delaunay)

Dans les médias, la dernière mention, en janvier 1954, démontre toujours la force des équipes de Portneuf et Forestville : «Dans la ligue du Saguenay, les Aigles de Portneuf et les Beavers de Forestville se font la lutte pour la première position. Les Escoumains et les Lions de Forestville suivent dans le classement de cette ligue. » (Progrès du Golfe, 22 janvier 1954, p.6.)

Cette magnifique aventure s’acheva-t-elle au printemps 1954? Difficile de l’affirmer vu cette photo qui daterait de 1959-1960 :

Les Rangers de Sault-au-Mouton. (Photo : Jean-Eudes Nicolas via le journal Haute-Côte-Nord)

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Un Malécite vite sur ses patins
Les témoins de cette belle époque du hockey sénior dans notre région deviennent rares. En décembre 2019, l’éditrice du journal Haute-Côte-Nord, Shirley Kennedy, alla à la rencontre de Jean-Eudes Nicolas qui se raconta. C’est tout un pan du sport de la région qui se révèle dans cette entrevue.

Toutefois, c’est le hockey, toujours le hockey qui anime ce descendant des Malécites de Viger. Pour lire l’entrevue, suivez le lien.

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