Ah! Nos aïeux!
27 Juin 1842

Les gens de Charlevoix veulent «d’la terre» pour établir leurs enfants. En août 1839, la pression s’intensifie sur le gouvernement pour l’ouverture des terres et cette fois, la Seigneurie de Mille-Vaches est mentionnée comme lieu potentiel de colonisation dans une pétition. Plus de 740 personnes signeront ce document dont le seigneur de Mount Murray, John Nairne, les curés de La Malbaie et de Ste-Agnès et toute l’élite de la région de La Malbaie.

La pétition demande l’ouverture des «Postes du roi », pour des terres et non seulement pour le commerce du bois, et avant 1842, date de renouvellement du contrat entre le gouvernement et la Compagnie de la Baie d’Hudson. Les Charlevoisiens ne seront, incontestablement, pas les seuls à profiter du territoire, mais qu’importe! Ils s’y établiront.

Où et quand? À Tadoussac ou à Sault-au-Cochon? En 1838 ou en 1938?

Une première!
En février 1842, les Charlevoisiens reviennent à la charge avec une autre pétition. Le document comporte plus de 3,200 signatures, des gens de La Malbaie, Ste-Agnès, Baie-St-Paul et des Éboulements. Le bail des «Postes du roi» arrive à échéance en octobre, c’est le moment d’agir pour le gouvernement. Et enfin, il agira! Le lobbying des industriels forestiers ayant probablement aidé la cause des gens de Charlevoix, le gouvernement change les conditions de location du «Postes du roi ». Lorsque la Compagnie de la Baie d’Hudson signa le nouveau contrat de location, le 27 Juin 1842 (Le contrat prenait effet le 2 octobre suivant), elle aura certes les droits exclusifs sur la traite des fourrures et les pêcheries, mais sans le droit d’occupation exclusive du territoire.
Une première en 190 ans d’histoire, on pourra s’établir au Saguenay.

Bâtir une région
Les voilà donc qui arrivent, tous remplis d’espoir, dans ce nouveau pays à bâtir. Mais on ne parle pas encore de village. Attention! On parle des premiers hameaux, d’un premier peuplement qui se regroupe souvent le long d’une rivière. Tentons de mettre en ordre l’arrivée des gens et leur provenance, dans un but d’établissement, qui conduira, éventuellement à la formation officielle des premiers villages de la Haute-Côte-Nord.

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1829, Les Escoumins : De par son contrat avec la compagnie de la Baie d’Hudson (1817) et son union avec l’Innue Marie Volant (1822), Joseph Moreau (Québec) peut s’établir avant tout le monde dans la baie des Escoumins. Il s’écoulera plus de 15 ans avant l’arrivée de la compagnie Têtu-Boucher et de son «bourgeois» Jean-Frédéric Boucher (Kamouraska) à l’été 1845.

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1837, Tadoussac : La scierie de l’Anse à L’Eau tourne depuis 1838, sous la direction de Thomas Simard (La Malbaie) dès la seconde année. Joseph Hovington (Angleterre/La Malbaie) et ses fils, à l’emploi de la Compagnie de la Baie d’Hudson, peuplaient déjà le lieu de belle manière avant leur arrivée (dont l’année n’a pu être établie).

La pisciculture de Tadoussac sera aménagée sur le site du moulin Price (1939), à l’Anse-à-l’Eau, en 1874. ©Livernois ~1885-1895

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1842, Portneuf : C’est à l’été 1842 qu’on signale, en amont de la première chute de la Portneuf, la présence d’Henri Fortin (Baie-St-Paul). Le premier chantier aura lieu à l’automne 1843, sous la gérance d’Alexis Tremblay Picoté (La Malbaie).

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1842, Sacré-Cœur : La compagnie Price arrive très tôt, dès l’hiver 1842-1843. Si l’on considère le peuplement de la rivière Ste-Marguerite comme l’ancêtre du lieu, on doit parler de la présence de François Gauthier (Les Éboulements) et Louison Gravel (La Malbaie), à l’origine du peuplement.

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1844, Bergeronnes : À l’automne 1844, l’arpenteur Duberger note la présence de Thomas Simard (La Malbaie) et d’un moulin. Les premiers écrits rapportent Louis Dassylva, Hubert Gaudreau et Michel Gagnon (tous les trois de La Malbaie). Des trois, seul Michel a toujours des descendants dans la région. Rapidement arriveront les Bouchard et Boulianne de La Malbaie.

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1846, St-Paul-de-Mille-Vaches : Contrairement aux autres villages, ce petit hameau ne naitra pas d’une scierie mais bien d’une volonté de colonisation par l’agriculture et l’esprit de famille. Les premières mentions, vers 1846-1847 concernent les sœurs Catherine et Suzanne Harvey, filles de Dominique (La Malbaie), qui débarquent avec leur mari respectif, Thomas Hopkins et Jean-Baptiste Girard. Ensuite, vers 1850-1851, les enfants de David Tremblay : Guillaume et Mathilde (La Malbaie), cette dernière, avec son époux, François Desbiens, seront les voisins de Dosithée Gagnon (Les Éboulements), aussi établi très tôt, avec la fille d’Henri de Portneuf.

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Plus à l’est
En 1845, à Sault-au-Cochon, Édouard Slevin, marchand des Éboulements, obtient l’autorisation de construire une scierie sur les rivières Sault-au-Cochon et Laval. Nous n’aurons naturellement pas de familles souches à ce moment vu la désertion du lieu. Forestville s’érigera sur ce premier établissement plusieurs années plus tard. Sault-au-Mouton sera longtemps un simple lieu avant de devenir un village, une paroisse. Le lieu-dit «Ilets-Jérémie », témoin de l’histoire de la traite des fourrures; Le «Banc des Blancs» ou «Moulin Bersimis », à l’instar de Sault-au-Cochon, renaîtront aussi sous de multiples appellations avant de devenir Colombier en janvier 1946. Ces lieux seront formés, majoritairement, des populations des villages plus à l’Ouest.

Le drapeau des patriotes, peut-être plus Nord-Côtier que vous le pensiez? Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Les rebelles charlevoisiens
Malgré la présence des gens de la Côte-Sud ou des autres régions, l’apport des Charlevoisiens dans le peuplement de la Haute-Côte-Nord est indéniable. L’esprit rebelle et tenace des gens de La Malbaie, Ste-Agnès, Baie-St-Paul et des Éboulements, demandant l’ouverture des «Postes du roi» pour s’établir, nous habite-t-il toujours? Vous savez cette énergie qui nous démarque? Ce vent du fleuve qui nous habite. Ah! Nos aïeux! Ils étaient quelqu’un!

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1 commentaire sur “Ah! Nos aïeux!
27 Juin 1842

  1. Jean Moreau

    Vous m’intriguez et renversez des faits que je croyais connaitre. J’y reviendrai. Merci pour ces publications.

    Répondre

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