Illégitimes en Charlevoix (8) :
Ignace Marier/Murray

 

Note aux lecteurs : Les textes de ce dossier, résultats de longues recherches généalogiques, peuvent rebuter le lecteur moins familier avec le genre. Débuter par l’introduction afin de comprendre le contexte historique, aidera à une meilleure compréhension des histoires.


À son mariage avec Modeste Brassard, le 9 janvier 1821, on le désigne comme «Ignace Murray, laboureur, garçon majeur de cette paroisse». Son baptême, aux registres, de la Malbaie, ne laisse aucun doute sur son illégitimité sans toutefois mettre un terme à la recherche de ses ancêtres.

Baptême d’Ignace Lazare, né de parents inconnus.

Ses liens avec les gens d’ici vont au-delà de ses descendants. Pour en suivre la trace il faut d’abord savoir qu’Ignace Lazare est cité, comme parrain en 1808 et 1811 sous le nom d’Ignace Marier. Pourtant, à partir de 1812, son patronyme se transforme souvent en Murray, nom qui deviendra définitif en 1822.

Pour retracer les origines d’Ignace, il faut fouiller du côté des proches des Seigneurs de La Malbaie. Augustin Guérin dit St-Hilaire (1757-1807), employé de John Nairne, aurait bénéficié des faveurs d’une veuve, Geneviève Chevalier dit Hammond (1750-1824), épouse de feu Charles Marier. Une reconnaissance de paternité ayant été retrouvée par Mario Lalancette, dans les documents du juge de paix Nairne, atteste cette paternité :

Je, Augustin St-Hilaire, de Murray Bay, reconnais devoir à la veuve Geneviève Marié, 12 minots de bon bled et 7 shillings en argent courant, lequel 12 minots de bled et 7 shillings, je promets payer à la dite veuve Geneviève Marié ou à son ordre à sa demande si elle me donne en même temps une quittance générale de toute demande précédente. Ne sachant écrire (X) 14 septembre 1796.
(Source : ANC, FN, vol.3, Scot book (SB): 126-127)

Pour un premier lien avec notre région : Augustin Guérin, père d’Ignace, est aussi l’ancêtre des Guérin ayant fait souche en Haute-Côte-Nord. Apparemment, le dit St-Hilaire ne paya pas ses dettes car on retrouve un autre document :

Murray Bay or Malbay 15 septembre 1796
Ordre de conduire Augustin St-Hilaire à Québec prisonnier pour avoir refusé de trouver caution pour indemniser la paroisse de Murray Bay ou Malbaie de la nourriture et entretien d’un enfant bâtard qu’il a fait à la nommé Marie Geneviève Marié, veuve de la dite paroisse ou de paraître devant les juges à paix dans leur séance de quartier à Québec. Et il vous est enjoint de conduire le dit Augustin St-Hilaire prisonnier de paroisse en paroisse jusqu’à ce qu’il soit livré au goalier à Québec.
John Nairne, juge de paix et capitaine de milice. À tout capitaines et autres officiers de milice ou connétable dans ces différentes paroisses de milice depuis La Malbaie jusqu’à Québec.
(Source : ANC, FN, vol.3, Scot book (SB): 126-127)

Pour un deuxième lien avec notre région : Geneviève Hammond épousera, en secondes noces, le 9 janvier 1797, Joseph Gravel, de cette union naîtra Louison Gravel, pionnier de Baie-Ste-Marguerite, donc Sacré-Coeur.

Quelques années plus tard, en mars 1802, dans un acte notarié, Joseph Gravel et Geneviève donnent à Antoine Marier, son fils aîné issu de son premier mariage, tous leurs biens. Dans cet acte, il est précisé qu’elle demande à leur donataire de nourrir ses frères et soeurs tant qu’ils resteront en travaillant pour lui et «de loger comme frère et soeur le petit Ignace jusqu’à son mariage donnant pareillement son travail.» Ne laissant aucun doute sur les origines de l’enfant.

Le testament de Geneviève Hammond, indique aussi clairement qu’Ignace est son fils. Lorsqu’elle désigne Louis Tremblay, de Cap à l’Aigle, comme son donataire et légataire universel le 14 mars 1817, confirmant le tout dans un nouveau testament le 10 novembre 1821. Elle prie Tremblay de remplir ses charges envers ses enfants «Antoine, Victoire, Marie, Élisabeth et Suzanne, Ignace Marié et Louis Gravelle.»

Quant à savoir pourquoi Ignace n’a pas gardé le patronyme Marier et est devenu un Murray, il n’y a pas de réponse véritable. Passer de Marier à Murray, très près phonétiquement? Voulait-il se distancer de ses demi-frères et demi-soeurs? L’a-t-il fait, en pleine connaissance de cause, conscient qu’il s’étiquetait comme illégitime, vu que d’autres, dans la même situation, se nommaient déjà Murray à ce moment? Questions sans réponse. Ignace décèdera le 6 janvier 1854, à Chicoutimi.

Les descendants d’Ignace, en Haute-Côte-Nord sont peu nombreux et surtout arrivés tardivement sur le territoire.

Descendants d’Ignace, en Haute-Côte-Nord.


Ce texte est le dernier concernant les illégitimes liés aux employés de John Nairne.
Les prochains cas étudiés proviennent aussi de Charlevoix
et ne semblent pas avoir de liens… quoi que…


 

 

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